Des architectes en herbe pour éloigner le fantôme des toilettes.

Au revoir la Dame en blanc !

L’école Sainte-Thérèse a changé toute l’organisation de ses toilettes pour permettre à ses élèves de se sentir plus à l’aise. Ceux-ci ont contribué à la mise en place des nouvelles installations. Entre les dessins décoratifs et les plans architecturaux, il y avait de quoi faire !

Du malaise au bien-être

Cela fait aujourd’hui plusieurs mois que l’école Sainte-Thérèse de Ans a inauguré ses nouvelles toilettes. Quelques mois que l’angoisse, la peur et le dégoût ont disparu. Quelques mois pendant lesquels la Dame en blanc ne s’est plus manifestée. La Dame en blanc ? C’était cette femme qui apparaissait dans les toilettes lorsque la lumière s’éteignait. Elle effrayait les enfants et les empêchait de faire leurs besoins… «Beaucoup se retenaient pour ne pas aller à la toilette», nous avoue Zoé, sourire en coin. Assise en face d’elle, son institutrice me jette une œillade, un regard amusé et complice. Nous savons tous deux que cette Dame en blanc n’existe que dans la bouche des enfants. Des petits plaisantins s’amusaient effectivement à raconter l’histoire de ce fantôme qui apparaissait lorsqu’on éteignait la seule lumière des toilettes, plongeant ainsi les élèves effrayés dans l’obscurité la plus totale.

Il faut dire aussi que le lieu en question était propice aux fabulations angoissantes. Situé dans la cour de récréation, le local toilettes ne présentait auparavant aucune fenêtre. Le sol, lui, accusait le coup des années et ne présentait aucune possibilité d’évacuation des eaux usagées pour faciliter le travail du personnel d’entretien.

Seul un radiateur attirait encore quelques élèves les jours de grand froid, ce qui provoquait un phénomène d’encombrement dans les toilettes. Bref, un changement était indispensable…

Des architectes en herbe

ToilettesAujourd’hui, les élèves sont fiers de leurs toilettes. Avec les professeurs et la direction, ils ont en effet longuement réfléchi à la manière de les améliorer. Et c’est avant tout en tant qu’architectes en herbe qu’ils sont intervenus. «Avant que l’architecte ne dessine les plans, nous avons nous-mêmes imaginé à quoi ressembleraient nos toilettes idéales», s’exalte Anissa. Chaque classe a, en effet, remis les meilleures idées d’organisation à l’architecte qui en a tenu compte dans la mesure du possible. «Évidemment, on n’a pas demandé des choses infaisables», explique Zoé. «Par exemple, on sait qu’y mettre des tablettes, c’est impossible même si cela aurait été très chouette». Les dames d’entretien quant à elles sont ravies ! La présence de rigoles permet aujourd’hui un nettoyage plus facile des sanitaires. «Ces idées, nous les devons également à l’ouvrier de l’école, Mr Scolas, qui a réfléchi à toute la mise en œuvre pratique. En guise de remerciement, l’école a d’ailleurs baptisé les toilettes en son nom : les Scolatrines.

Un cadre agréable

De l’extérieur comme de l’intérieur, les nouvelles toilettes proposent un environnement moderne et chaleureux auquel se rajoute une organisation à toute épreuve. Derrière un bardage en bois se succèdent 6 portes de couleurs différentes. Chaque porte a été personnalisée par une classe, à l’aide de dessins ou photos. «Les cinquièmes se sont par exemple photographiés en mimant leur tête pendant une grosse commission» explique Zoé.

Et si l’école a opté pour une toilette par classe, c’est pour que l’enseignant(e) puisse directement interpeller sa classe en cas de problème. Une manière de responsabiliser les élèves pour le maintien de la propreté dans leur toilette.

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