Ganshoren fait appel à la déesse de la chasse…

Les dieux sont tombés sur les fesses !

Les toilettes de leur établissement étaient juste… « dé-plo-rables »,  affirmaient les élèves du Collège du Sacré-Coeur de Ganshoren. Alors, le Conseil des élèves a pris les choses en main. En sachant mettre les cieux de son côté…

« La saison de la chasse, c’est toute l’année ». « Les graffitis, c’est sexy qu’à Pompéi ». « Non mais à l’eau quoi !?! T’es un jeune et tu gaspilles ! ». Voici quelques-uns des slogans déclinés dans une vidéo intitulée « Sacrées Toilettes », réalisée par les élèves du Conseil des élèves. Elle met en scène Artémis, la déesse de la chasse. Confrontée à des diablotins peu respectueux, elle leur inculque quelques règles essentielles de comportement dans les toilettes.

En plus de cette vidéo, ce talentueux Conseil des élèves a conçu plusieurs outils de persuasion massive afin de changer fondamentalement les attitudes, l’ambiance et même… la physionomie des toilettes de l’école.

De l’enfer au paradis

Régulièrement, pendant des années, au Collège du Sacré-Coeur de Ganshoren (Bruxelles), le problème des toilettes est revenu sur le tapis. Jusqu’au jour où Vincent Struelens, le sous-directeur, a informé le Conseil des élèves de l’opportunité de bénéficier de subsides, via le Fonds BYX. Laura, Augustin, Manuella, Cassandre, Lionel, Yang Yang, Estelle, Gabriel et les autres ont saisi l’opportunité et se sont mobilisés, avec le soutien sans faille d’Elisabeth Fievez et de Violaine Menne, respectivement professeurs de latin/histoire et de maths. « Les idées, c’étaient les leurs, la motivation, ils l’avaient, nous avons juste canalisé les énergies, en leur rappelant parfois l’objectif visé », glissent-elles.

En pratique, les membres du Conseil ont commencé par proposer un questionnaire à l’ensemble des élèves pour relever les aspects positifs et négatifs des toilettes. Les réponses ont confirmé que, les sanitaires, pourtant nettoyés 2 à 3 fois par jour, étaient unanimement perçus comme « dé-plo-ra-bles ».

Les pieds sur terre, la tête vers le ciel

« Les toilettes sont situées dans la cour. On y compte 3 000 passages par jour car elles sont fréquentées à la fois par les 750 élèves du secondaire et par les élèves du primaire », précise Vincent Struelens. Une certitude : on ne peut et on ne pourra bouger les murs, ni augmenter le nombre de WC… Ceux des filles, par exemple, bénéficient d’un espace restreint, avec un couloir d’accès exigu.

Compte tenu de cet état des lieux, le projet que les élèves ont baptisé « Touche pas à mes toilettes » s’est bâti autour de deux piliers : une cellule s’est chargée des travaux à prévoir, l’autre de la sensibilisation des élèves.

Concrètement, la cellule « pratico-pratique » s’est appuyée sur l’avis des élèves. Elle s’est penchée sur les suggestions de changements les plus réalistes et/ou les plus réalisables émises via le questionnaire. Elle y a ajouté les propositions des ouvriers et du personnel de nettoyage. A partir de toutes ces idées, les délégués ont réfléchi aux travaux et aux modifications substantielles à apporter.

Une fois le canevas des transformations accepté, « tout ce qui pouvait être fait en interne a été rapidement mené comme installer des « plafonds » à chaque toilette pour éviter de pouvoir regarder d’une toilette à l’autre », précise Vincent Struelens. De plus, une série de travaux lourds a progressivement été réalisée lors des congés scolaires, avec entre autres l’installation d’une ventilation efficace chez les garçons.

Une semaine pour refaire le monde

Par ailleurs, la deuxième cellule formée par les élèves du Conseil s’est focalisée sur l’indispensable sensibilisation des utilisateurs. Une semaine consacrée à ce thème a été programmée par les délégués, juste après une première phase de gros travaux. Ainsi, cette semaine-là, tous les élèves ont découvert sur les murs une série d’affiches réalisées à partir de jeux de mots : dans le cadre de leur cours d’art, des élèves de 2ème année ont aidé à mettre en scène les idées trouvées par les élèves du Conseil, bien décidés à parler autrement des toilettes. Cette semaine de sensibilisation a également été l’occasion de diffuser la vidéo « Sacrées Toilettes ».

« Nous avons mené une vraie campagne de pub, y compris pour informer des transformations à venir, et en adaptant les messages aux primaires », remarquent les élèves du Conseil.

Succès sur toute la ligne

Dès les toutes premières semaines qui ont suivi le début des travaux et la campagne de sensibilisation, les modifications étaient déjà notables – y compris au niveau des odeurs (initialement surtout problématiques chez les garçons). « Ils ont mené ce projet sans rien lâcher, avec maturité et persévérance », assurent Elisabeth Fievez et Violaine Menne. « Ils ont appris qu’un projet prenait du temps. Ils en sont sortis grandis ».

Du côté des membres du Conseil, on n’est pas peu fiers des résultats de ce projet, le plus important jamais mené dans cet établissement par un Conseil d’élèves. « On est contents, on a été jusqu’au bout, avec courage, sans baisser les bras. Même si c’était dur. On a prouvé aux autres qu’on pouvait faire quelque chose de concret. C’est chouette d’être reconnus pour notre travail !« , assurent-ils. Cela dit, « on sera vraiment satisfaits si le respect continue l’an prochain », ajoute l’un d’entre eux.

Dans l’équipe, certains réfléchissent déjà à de nouvelles formes de sensibilisation, indispensables pour pérenniser les attitudes responsables des élèves. De son côté, la direction n’entend pas non plus laisser tomber cette problématique. Si tout cela ne s’appelle pas mettre les dieux de son côté…

Visionnez la vidéo Sacré Toilettes

 

Et patati
Et patata

Ma fille ne boit pas (du tout) pendant la journée (et même le matin) de peur de devoir aller aux toilettes pendant les cours.

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