Laisser le champ libre aux jeunes

Les toilettes à l’ICET : un exercice grandeur nature

A Bastogne, pour transformer l’un des blocs sanitaires de l’ICET (Institut Communal d’Enseignement Technique), Jean-Michel Bock, chef de travaux d’atelier, dit qu’il a eu de la chance: il a pu s’appuyer sur les élèves. A tous les points de vue. De quoi mener une rénovation du sol au plafond.

Pour quelle raison avez-vous décidé de rénover un des blocs sanitaires de l’ICET ?

toilettes bastogne

Jean-Michel Bock (chef de travaux d’atelier): Franchement, il suffit de voir les photos « avant/après » pour comprendre que cela ne pouvait plus rester comme cela. Ce n’était plus acceptable, et les élèves nous en parlaient souvent.
Situés dans un bâtiment vétuste, les lieux étaient trop vieillots. Les portes ne fermaient plus, les murs étaient couverts de graffitis, des planches étaient cassées, certaines plaques du plafond aussi… L’endroit, bien que nettoyé tous les jours, était sale. Un simple « rafraîchissement » des lieux ne pouvait suffire, avec ces pots qui dataient de Mathusalem ! Il fallait tout refaire, du sol au plafond.

Est-il exact que ce problème ne concernait pas uniquement vos élèves ?

Ce bâtiment est également utilisé pour une école de devoirs qui accueille des enfants bien plus jeunes. Il sert aussi aux plaines de vacances organisées par la commune. Certains parents de ces enfants avaient parlé de ce problème de toilettes à l’échevin concerné (nous sommes une école communale). Lors de missions de contrôle des services PMS ou l’ONE, on nous rappelait que ces sanitaires ne correspondaient plus aux normes actuelles.

Comment avez-vous trouvé les fonds pour atteindre vos objectifs ?

Lorsque l’échevin nous a informés de l’appel à projets lancé par le Fonds BYX, tout de suite, avec le sous-directeur, nous avons décidé de remplir un dossier. Ensuite, la commune a complété la somme qui nous a été octroyée. Cela nous a permis de disposer de 22 000 euros.

A ce stade, nous avons lancé un appel d’offre tout en sachant que, compte tenu des travaux à effectuer, cette somme était insuffisante. Pour entrer dans notre budget, nous avons proposé de faire réaliser une partie des travaux par nos élèves. Dès le lancement du projet, cette solution était une évidence pour nous. Un entrepreneur a accepté ce principe.

Sur un plan financier, je voulais signaler aussi que depuis la rénovation, l’eau des toilettes est gratuite : elle provient d’un puits de récupération situé dans l’école et vers lequel nous avons fait installer un raccordement.

Autre particularité de votre projet : il semble avoir avancé très rapidement…

Deux mois après l’appel d’offre, le chantier a été adjugé. A Noël 2016, la démolition avait été terminée et, dès la rentrée, l’entreprise a pu immédiatement intervenir. Comme prévu, tout était achevé à Pâques, période durant laquelle une plaine de jeux était organisée.

Concrètement, de quelle manière vos élèves ont-ils participé à la rénovation ?

Nous avions décidé de laisser le champ libre aux jeunes. D’ailleurs, c’est aussi un moyen d’éviter les critiques ultérieures !

Dès le début du projet, les élèves de 6ème année en section « travaux publics » ont réalisé les plans, sur base de dessins assistés par ordinateur. Ils ont déterminé le nombre de toilettes nécessaires, se sont penchés sur la question de mettre du carrelage ou pas, etc. Une fois les plans revus par l’entrepreneur, les élèves de 7ème année de la section « maçonnerie » sont intervenus : pendant leurs heures d’atelier, ils ont été chargés de la démolition  des lieux. Ce poste aurait été très onéreux si nous ne l’avions pas pris en charge… De leur côté, les jeunes de 7ème année en section « agencement de l’habitat » ont démonté les pots et les cloisons. Pour les travaux d’électricité, où tout était à refaire, nous avons pu prendre en charge également une partie des travaux. La peinture a été posée par notre homme à tout faire. En revanche, nous ne disposons pas de section « plomberie »…

Le projet a donc été réalisé, avec l’aide de tous, y compris lors des discussions pendant l’étude entre élèves et éducateurs afin de choisir certains matériaux, les couleurs, etc. Le chef d’entreprise passait au bureau pour s’informer des décisions et des choix des jeunes.

Les élèves ont-ils « joué le jeu » ?

C’est la première fois qu’ils étaient impliqués à ce point dans un projet et, oui, ils se sont montrés très volontaires. Issus du monde agricole, ces jeunes sont des bosseurs. Nous savions que nous pouvions leur faire confiance et leur confier des responsabilités, même si les professeurs, très impliqués eux-aussi, étaient toujours là, en support : nul n’est jamais à l’abri d’une erreur, surtout lors d’une formation en apprentissage.

Dans quel état les toilettes sont-elles depuis la fin des travaux ?

Exactement dans le même état, et sans aucun graffiti. Pour obtenir ce résultat, une campagne de sensibilisation a été menée.

Avec les professeurs de français, les élèves ont imaginé des slogans, en ont choisis 10, et ont réalisé des affiches. Elles ont été plastifiées, puis placées dans des cadres réalisés par les jeunes de la section « menuiserie ». Par ailleurs, notre décision de choisir un distributeur externe de papier semble efficace : elle évite de trouver du papier déroulé partout ou des rouleaux bouchant les toilettes.

Comment garantir ce résultat à long terme ?

De manière générale, où que ce soit dans l’établissement, notre principe est de ne laisser aucune dégradation subsister, et ce dès qu’elle apparaît : un premier « dégât » risque d’en entraîner d’autres…

 

Et patati
Et patata

La situation est grave pour le XXIème siècle !

Directrice

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