Un projet valorisant initié et mené par la filière professionnelle

Les toilettes, un cas pratique pour la filière professionnelle

Au centre éducatif Saint-Charles de Péruwelz, le projet Toilettes a été initié à la demande des élèves de l’option Aide Familiale. Elles se mobilisent aujourd’hui, avec d’autres sections de l’établissement, pour donner un coup de neuf aux locaux et sensibiliser sur des thèmes en lien direct avec leur cours d’Education à la Santé. Focus sur le projet d’une école au dynamisme inspirant.

Un stage porteur d’idées

Dès l’entrée dans l’établissement, notre regard est attiré par une magnifique exposition, qui témoigne, à sa manière, du climat régnant dans cette école. «C’était le projet de l’année dernière», explique la directrice, dans un souffle de fierté. Un projet pour rappeler qu’ «ici, tout le monde a sa place!». Avec l’aide d’un photographe professionnel, les jeunes se sont mis en scène pour aborder les questions de la discrimination à l’école et ont construit une exposition de photos-choc aux slogans percutants.

Aujourd’hui, l’école se mobilise autour du réaménagement des toilettes. L’idée a émergé dans l’esprit des 5ème et 6ème années de l’option Aide Familiale. Interpellées par le manque d’hygiène de certains, par la vétusté des lieux et l’absence de matériel, les élèves regrettaient de ne pas pouvoir respecter les règles d’hygiène qu’elles étaient, par ailleurs, strictement tenues d’appliquer sur leurs lieux de stage (maisons de repos). Car, comme elles le précisent, «depuis qu’on est en Aide Familiale, on est plus sensible».

Elles imaginent alors une solution pour le moins originale. «On se baladait avec notre mallette, avec nos lingettes pour essuyer la lunette des WC, notre gel désinfectant, notre savon…». Puis, lassées de devoir se rendre aux toilettes avec tout cet attirail, elles finissent par demander à la directrice la possibilité d’avoir leurs propres toilettes !

De la théorie à la pratique, tout le monde à la tâche

Madame Depotte, directrice de l’établissement, ne peut répondre positivement à cette demande. Mais il s’agit, pour elle, d’une opportunité pour lancer un projet dans et avec toute l’école. Et le subside du Fonds BYX, qu’elle arrive à coupler à une aide du PO, est arrivé à point. Encadré par les éducateurs, ce projet va permettre à tous les élèves de la filière Professionnelle de mettre en pratique des techniques apprises de manière théorique. Il s’agit là, comme le précise Madame Depotte, «d’une vraie reconnaissance de ce type d’enseignement et une réelle valorisation des élèves».

Aujourd’hui, après concertation entre les différentes classes pour faire émerger des idées d’amélioration, beaucoup s’activent, en fonction de leurs compétences, autour du projet. Ainsi, dans le cadre de leur cours de construction, les élèves de 1 ère et de 2ème Différenciée s’occupent des travaux de rénovation (ponçage, rénovation des boiseries, peinture…) pour obtenir un résultat visible de tous, dont ils pourront être fiers. La décoration des lieux est confiée aux 3ème et 4ème Professionnelle qui s’occupent de la création de pictogrammes et autres slogans et devront, à l’occasion d’un concours, défendre leur projet.

Quant aux élèves de 5ème et 6ème, à l’origine de l’idée, elles ont mené à la rentrée scolaire et continueront à mener des actions de sensibilisation. «Elles ont acquis sur le terrain des compétences professionnelles qu’elles mettent au service de la communauté. Elles vont devenir des conseillères en hygiène; transmettre fait partie de leur formation», nous explique la directrice. «Elles s’exercent ainsi à adapter le message au public». Et les idées ne manquent pas car les jeunes filles se proposent de sensibiliser leurs camarades, toutes sections confondues, aussi bien aux consignes d’hygiène (se laver les mains avant d’aller aux toilettes et après…) et à ce qui peut arriver si on ne les respecte pas (infection urinaire,…) qu’à l’importance de laisser propre les espaces que l’on partage.

Un idée héritée du terrain 

Les jeunes filles ont également proposé de s’occuper des règles d’entretien, sans toutefois se substituer au personnel de l’établissement. En prenant modèle sur ce qui se fait sur les aires d’autoroutes, elles veulent mettre en place un tableau de charges hebdomadaire à l’entrée des toilettes, reprenant heures de nettoyage et planning de tâches. Leur idée est de constituer des groupes, responsables à tour de rôle, de la gestion de la propreté, en étroite collaboration avec le personnel d’entretien. Ce système serait garant d’un engagement durable des élèves et permettrait de garder les locaux propres et d’utiliser au mieux le nouveau matériel mis à disposition.

Et la pérennisation du projet dans tout ça ?

Aujourd’hui, ce projet est ressenti par tous comme un besoin réel pour mieux vivre à l’école. La directrice et son équipe éducative espèrent maintenir cet engouement d’année en année et mettent tout en place pour que le projet perdure. Il est donc prévu d’acheter du matériel résistant, d’imprimer les pictogrammes et slogans sur du plexiglas et de planifier, de manière récurrente, les actions de sensibilisation. «L’idée est de continuer à sensibiliser les élèves chaque année via une transmission des plus grands vers les plus jeunes. Le dernier trimestre, les 5ème travailleront avec les 6ème. On s’assurera ainsi que le relais passe d’une année à l’autre».

Un cercle vertueux bien pensé !

 

Et patati
Et patata

C’est super qu’on ose enfin en parler !

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