Pour financer tous ses projets, l’école ne manque pas d’idées !

Un projet aux multiples soutiens 

Au Collège Saint-François d’Assise, à Ans, la rénovation des toilettes s’intègre dans une série de projets pédagogiques qui s’appuient sur une même philosophie : offrir une cadre propice à l’épanouissement des jeunes. Et pour financer tous ces projets, l’école ne manque pas d’idées !

Lorsqu’une école accueille près de 700 jeunes sur trois implantations différentes – dont un ancien couvent, avec des sanitaires inadaptés et vétustes -, il faut s’attendre à rencontrer des problèmes dans les toilettes. Or, pour remédier à cette situation, le Collège Saint-François d’Assise de Ans est confronté à une difficulté. “Nous faisons partie du réseau d’enseignement catholique et cela implique que nous disposons de 25 % en moins de subsides que dans l’enseignement officiel, rappelle Jean-Luc Pieczynski, le directeur. Pour compenser, nous avons le soutien de la congrégation des Filles de la charité. Cependant, nous accueillons aussi des jeunes en situation précaire. Il ne faut donc pas vraiment compter sur les fêtes de l’école pour augmenter réellement nos moyens.”

Tous les ans, ce type d’obstacle n’empêche toutefois pas l’établissement de mener plusieurs projets de front dont certains via des projets européens (par exemple pour répondre aux besoins de jeunes en décrochage scolaire ou encore pour instaurer un système de médiation entre pairs). L’importante rénovation des toilettes dans l’un des bâtiments a été l’une des initiatives de l’année 2017.

La dispersion, ce n’est pas la solution…

“Les sanitaires du bâtiment principal sont répartis un peu partout : au rez-de-chaussée mais aussi dans les étages”, détaille le directeur. Cette dispersion rend les lieux difficilement “surveillables”. S’ajoute à cela le fait que, pour gérer les nombreux projets proposés aux jeunes, les éducateurs organisent, sur le temps de midi, des ateliers : jeux d’échecs, chorale, tournoi de football… Ils n’ont ainsi pas l’occasion de surveiller les sanitaires. Dans un tel contexte, comment s’étonner que certains jeunes fassent des sanitaires un lieu où l’on fume, où la vétusté encourage le vandalisme et où, parfois, on “drague” (sinon plus) ?

Un partenariat fructueux

Pour repenser totalement les lieux et l’espace dévolus aux sanitaires, un travail d’équipe a été mené. Porté en première ligne par les élèves, via leurs délégués et les éducateurs, le projet a ensuite été pris en charge par le chef d’atelier, en collaboration avec la préfète d’éducation, le directeur-adjoint et le directeur. A terme, les toilettes situées dans les étages seront fermées (et uniquement accessibles en cas d’urgence), au profit de celles (ré)aménagées au rez-de-chaussée, désormais directement accessibles depuis la cour. Signe que tout a été pensé en collaboration avec les élèves : “A la demande des filles, leur espace contiendra un grand miroir, détaille Jean-Luc Pieczynski. Pour elles, les toilettes sont un lieu de vie. Elles n’y vont jamais seules, elles y discutent, elles s’y coiffent, s’y remaquillent.”

Pour tenir dans son budget de rénovation, le Collège Saint-François d’Assise a fait appel à une autre école. Située à Liège, l’école Saint Vincent Ferrer propose un enseignement spécialisé de type long : ses élèves ont été chargés de réaliser une partie des travaux. Pour certains jeunes, cette tâche constituait l’examen de qualification.

“Bien sûr, cela signifie que la rénovation prend bien davantage de temps, puisque nous vivons au rythme de l’autre école et de ses échéances. Mais cela a réduit notre coût de 40 % “, glisse Jean-Luc Pieczynski. L’appel à ses propres ouvriers, la récupération de matériaux et l’implication de certains enseignants a également contribué à alléger les frais.

Une visée à long terme

Autre particularité, avec le soutien de CAP 48, et conformément à l’esprit d’intégration de l’école, les architectes ont veillé à l’accessibilité des toilettes pour les élèves à mobilité réduite, même si, actuellement, le Collège n’en accueille pas. “Tout ce que nous imaginons doit pouvoir être utile à tous, et à long terme, explique le directeur. Nous n’avons pas les moyens financiers de détricoter plus tard ce que nous réalisons en ce moment.

Dès le départ, tout doit être pensé en fonction de notre très large objectif d’inclusion et de notre politique d’ouverture vers la diversité, avec la richesse qu’elle apporte.”

Tout compte fait, le projet de rénovation des toilettes ne diffère pas tellement des autres initiatives menées par ce collège. “Dans tous les cas, nous sommes attentifs au confort et à la sécurité que les jeunes doivent trouver ici, sur tous les plans, précise Jean-Luc Pieczynski. De plus, dans notre projet pédagogique, les élèves ne sont pas de simples ‘consommateurs’. Nous les considérons comme les partenaires de notre communauté éducative. Souvent, cela implique pour eux beaucoup de changements, ce qui est long et compliqué.” Mais dans un établissement où, comme l’assure le directeur, “plus on accueille de différences, plus cela fait notre bonheur”, qui s’attendrait à ce que la route soit facile ?

Et patati
Et patata

C’est un projet qui sort de l’ordinaire.

Enseignante