Les élèves s’investissent des plans à la rénovation !

La main à la pâte

Dans cette école technique et professionnelle bruxelloise, les élèves de 7ème ont rénové eux-mêmes les toilettes. Ce projet les a rapprochés un peu plus encore de leur futur job. Mais pas seulement…

Ils travaillent, et c’est du sérieux ! A Etterbeek, au Centre d’enseignement secondaire Ernest Richard, Mohamed, Jérémy, Harrison, Kubilay, Vasile, Eyup, Emre, Mevlut et Hamza savent qu’en juin leur chantier devra être terminé. Pour ces élèves de 7ème professionnelle en section électricité (complément en maintenance d’équipements techniques), cette histoire a débuté en septembre dernier, quand on leur a annoncé qu’ils seraient chargés de mener la rénovation du bloc des sanitaires. Leur réaction ? “On a été plutôt surpris… Mais contents”, disent-ils. Ils le sont toujours.

Petit flash-back. Imaginez une école technique et professionnelle à l’encadrement différencié. Bref, un de ces établissements souvent moins valorisé. Et pourtant… “Ici, tous les ans, des élèves se mobilisent autour de projets”, rappelle Alexis Deineko, le sous-directeur. Ainsi, en 2015, les 3ème professionnelle mécanique garage avaient conçu et posé de très belles mosaïques pour transformer le look du mur des toilettes. Cette année, le reste des lieux connaît une solide refonte, et ce avec l’aide du subside de 7000 euros accordé par le Fonds BYX.

“Il était temps d’en finir avec un endroit plutôt sinistre, sans parler des pertes d’eau et d’électricité importantes liées à la vétusté du matériel, alors que nous insistons sur l’aspect écologique dans toutes nos formations professionnelles”, reconnaissent Alexis Deineko et Jean-François Haerlingen, chef d’atelier de toutes les sections.

Un vrai chantier

Au cours d’une première phase, les élèves ont conçu les plans de la rénovation des toilettes. Ensuite, les jeunes sont passés à l’action, en suivant une répartition des tâches prévue par leur professeur, Hafid Guertit. Visiblement, travailler sur un vrai chantier motive ces futurs électriciens. Via ce projet, ils apprennent de nouvelles techniques, par exemple en plomberie : un “plus” pour leur futur job, assurent les élèves. Bref, tout roule !

En pratique, des séparations entre les urinoirs ont été posées à la demande explicite des jeunes qui, lors de leur consultation, s’étaient dit demandeurs de davantage d’intimité. Mais le choix du matériel, y compris celui des installations automatiques, a été déterminé par la direction : du beau, du solide, du résistant, du moderne à l’entretien facile. L’installation technique pourra être entretenue (ou réparée, si besoin est) par les futurs élèves.

Comme des “pros”

Sur le chantier, les jeunes constatent avec satisfaction que lors de leurs récents stages en entreprises, “leurs ‘collègues’ travaillaient avec du matériel identique” à celui qu’ils manipulent ici. Ils remarquent qu’avec les nouveaux appareillages et les détecteurs automatiques qu’ils ont posés, c’en sera terminé des gaspillages. Ils soulignent que certains élèves de mécanique, venus voir l’avancée du chantier, ont été impressionnés par leur travail… “C’est la première fois que nous menons un projet d’une telle ampleur, puisqu’il combine des parties liées aux sanitaires, à l’électricité et à la décoration. Les élèves se sont vraiment impliqués dans ce travail très concret. Ils ont eu le sentiment de créer quelque chose d’utile et de durable, qui laissera une trace”, expliquent les responsables.

Touche pas à mon œuvre !

Au sein de cet établissement, dans les couloirs ou dans les classes, on découvre d’autres projets – uniquement de décoration – portés par les élèves (ceux de 3ème). Ces décorations, toutes soignées et réussies, les accompagneront tout au long de leur scolarité, mettant ainsi en lumière leurs compétences et leurs (nouveaux) talents. De quoi pousser les élèves à respecter et à protéger les créations de tous.

“Dans des locaux propres et agréables, on se sent davantage respecté. Et on n’hésite plus à abîmer ce qui est beau”, rappelle Jean-François Haerlingen. De fait, en deux ans, le mur de mosaïques des toilettes n’a connu qu’un léger tag – qui devrait être enlevé prochainement par les services communaux.

Cela dit, on le sait, le respect des toilettes, seul lieu “privé” d’une école, peut être problématique. “Tous les ans, une petite sensibilisation sera effectuée auprès des nouveaux élèves, souligne Alexis Deineko. De plus, les professeurs de sciences ont également été encouragés à aborder en classe le thème de l’hygiène.”

En juin, une inauguration a été prévue. Autour du chantier terminé, sans doute les travailleurs/élèves percevront-ils plus concrètement encore que l’objectif de leur donner un métier et de les préparer à s’insérer dans le monde du travail a été atteint par l’école. Le chemin des toilettes mène parfois plus loin que prévu…

 

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Je ne veux pas que les élèves subissent ce que certains d'entre nous, maintenant adultes, avons subi étant petits.

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