Un projet complet sur l’eau, l’hygiène et le gaspillage.

Vers plus d’autonomie

L’école « Le Plein Air » à Colfontaine a décidé de baser son projet pédagogique sur la répétition d’activités similaires. Un mode de fonctionnement indispensable dans l’enseignement spécialisé.

L’école accueille des enfants atteints de troubles de type 1, 2 et 3. Il est donc important d’apporter une attention toute particulière au développement de l’hygiène et de l’autonomie de l’élève. Et si les travaux n’ont pas encore débuté concrètement dans les toilettes de l’école, on ne peut qu’admirer les initiatives pédagogiques déjà mises en place autour de la thématique de l’eau.

Des gestes essentiels

« Dans quoi peut-on se laver les enfants ? ». Les esprits s’animent, les bras se lèvent dans un dynamisme enjoué. À la cantonade, chaque élève y va de son commentaire. « Dans une douche ! », « dans un bain ! », « dans un lavabo ! ». Assis les uns à côté des autres, ils contemplent une large bassine d’eau posée sur une table. À côté de cette dernière repose un poupon en plastique comme celui que les jeunes filles apprennent généralement à dorloter et à nourrir. L’enseignante et la puéricultrice présentes dans la salle invitent Lindsay, une élève, à les rejoindre derrière la table. « Aujourd’hui, c’est toi qui va montrer aux autres comment on se lave. C’est important car ce soir, tu vas pouvoir faire la même chose pour toi-même ». S’ensuivent des questions sur les étapes et le vocabulaire nécessaires à l’hygiène personnelle.

Lindsay décrit comment laver la poupée et s’exécute. Les gestes ont l’air anodin et pourtant, pour les enfants de 6 à 9 ans présents dans la classe, leur répétition est essentielle. Pour cause, l’école qui a décidé d’intégrer ce type d’activités au sein de son cursus accueille des enfants de type 3, 2 et 1 (troubles du comportement, déficience mentale et déficience mentale plus légère). Ici, on insiste donc avant tout sur l’autonomie face à l’hygiène personnelle.

Une pédagogie de la répétition

A quelques pas de là, dans un local semblable au premier, un groupe d’élèves s’est formé autour d’une autre bassine. En pénétrant dans cette ambiance attentive et décontractée, un constat marque les esprits. Les élèves n’ont pas le même âge. « Nous réunissons généralement des élèves de niveaux et de classes différentes. Ils peuvent ainsi s’entraider », nous explique Madame Nathalie. « Cela force également le respect de la différence ». Ici face à la bassine les élèves cherchent à comprendre les lois de la physique. « Talia, crois-tu que le bouchon de Liège flottera ou coulera si nous le mettons dans la bassine remplie d’eau ? », demande Madame Maryline. Le petit jeu se répète et tous les matériaux y passent. « Les élèves que nous accueillons ont souvent beaucoup de mal à intégrer le vocabulaire courant par rapport à l’eau, l’hygiène, les toilettes ou encore le gaspillage », nous explique-t’elle en aparté. « Il nous faut donc répéter des activités similaires dans d’autres circonstances (cf encadré) ».

Après quelques plongées successives d’un tracteur en métal et de bouts de bois, les deux institutrices rappellent les élèves à l’ordre. « Tout le monde à sa place maintenant ! Nous allons mettre tout ce que nous avons appris par écrit ».

Un cours improvisé par deux élèves

Roberto et Michael, deux des élèves les plus âgés de l’établissement ont décidé, à leur tour, de nous donner un cours sur l’eau. Un jeu d’enfants pour les deux garçons qui se prêtent à l’explication concrète des étapes de l’évaporation qu’ils ont vues dans la journée. Sur le bureau de l’institutrice, nous remarquons un cube en verre sur lequel ont été posés plusieurs glaçons. Roberto se lance : « Dans le bocal que vous pouvez voir, nous avons fait l’expérience de l’évaporation avec trois types d’eau : froide, tiède et chaude. Suivant la chaleur de l’eau, les glaçons fondront plus vite ou plus lentement ».

Michael renchérit en montrant le plastique autour du bocal : « La chaleur va monter et ça va créer de l’eau sur les contours et sur le plastique. C’est un peu comme de la pluie ». Le jeune garçon évoque alors le même type de phénomène lorsque que l’on met une bouilloire contre un miroir. « Cela forme de la buée, comme quand on prend notre douche à la maison ».

L’exposé en valait la peine ! Les élèves quant à eux semblent baigner dans leur environnement. C’est le cas de le dire !

 

 

La boîte à outils pédagogiques

Pour travailler sur les toilettes, le cycle de l’eau, le gaspillage ou encore l’hygiène personnelle, les institutrices doivent jongler entre différentes idées pédagogiques et divers moyens d’expression. Ainsi, les enfants ont notamment :

  • visionné un épisode de « C’est pas sorcier » sur les châteaux d’eau : cela a permis de les sensibiliser au gaspillage de l’eau
  • visité le musée de l’eau, « l’Amusette » (Mesvin – Mons) : cela a permis de travailler le vocabulaire déjà vu en classe et de faire de nouvelles découvertes.
  • créé un puzzle sur le thème de l’eau
  • créé une charte du respect de l’eau qui synthétisait tous leurs apprentissages.
  • fait valoir leurs talents dans la reproduction de l’œuvre d’un artiste venu leur rendre visite. Les reproductions représentant une vague ont été exposées à la fête de l’école

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Et patati
Et patata

L'état des sanitaires est le reflet du bien-être des élèves d'une école car il touche au plus profond de l'intime des élèves et du respect qu'on leur doit.

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